Laurent Chiu, photographe évènementiel, portrait Genève, Suisse
Marcelina Barranco est une défenseuse des droits humains mexicaine au sein du Front populaire pour la défense de la terre et de l’eau (Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra y el Agua). Le Front populaire, une coalition composée de communautés autochtones náhuatl des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, lutte pour défendre leur territoire et exercer leur autodétermination face à l’arrivée d’entreprises et de projets qui tentent d’industrialiser leurs terres.
En 2019, le défenseur náhuatl Samir Flores a été assassiné de deux balles dans la tête. Il était l’un des fers de lance de l’opposition au « Proyecto Integral Morelos », un grand projet porté par de nombreuses multinationales européennes incluant notamment la construction d’un gazoduc et de deux centrales thermoélectriques au sud-est de la capitale mexicaine censé alimenter les populations locales en gaz et en électricité meilleur marché. Ces dernières craignent toutefois les conséquences en termes de pollution et de surexploitation des ressources en eau et dénoncent l’expropriation de leurs terres ancestrales et la violation des droits des peuples autochtones.
Le Front populaire a dénoncé un «crime politique» ; il continue à demander justice pour la mort de Samir Flores et protester contre la centrale thermoélectrique.
Marcelina Barranco témoignera des conséquences des mégaprojets au sein des communautés autochtones et des risques encourus par les personnes défenseuses des droits humains. Elle parlera notamment du droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association en tant que moyen d’expression collectif et public des opinions.
📽️ Le témoignage poignant de Marcelina sera précédé d’un court-métrage de PBI «In Defence of Our Lands» (2021) de Manu Valcarce (en espagnol avec sous-titres en anglais). Ce documentaire d’une vingtaine de minutes nous plonge dans le quotidien et les défis de plusieurs personnes qui défendent les droits de la terre en Amérique latine. Nous verrons comment leur voix est sans cesse bafouée et leur vie menacée, au profit des intérêts économiques.